Lutte anti-tabac: L’ACTA outille des professionnels des médias d’Afrique francophone

Pendant trois jours, par les soins de l’Alliance pour le contrôle du Tabac en tabac en Afrique, des professionnels des médias reçoivent des outils afin de contribuer de manière efficience à l’éradication du tabagisme dans le monde et sur le continent Africain en particulier.

Parlant du tabagisme qu’il soit actif ou passif, Deowan Mohee, Secrétaire exécutif le qualifie de « catastrophe » qui si n’est rien fait pour l’arrêter aura des répercussions sur le développement économique de l’Afrique. L’expert est formel sur cette question, le tabac interfère sur les 3 piliers du développement durable que sont : le développement économique ; l’inclusion sociale et la durabilité économique. Illustration à travers une analyse transversale des 17 Objectifs du développement durable des Nations Unies. Morceaux choisis : éradiquer la pauvreté : le tabac contribue à la pauvreté dans la mesure où l’argent destiné à la satisfaction des nécessités de base (nourriture, éducation et soins de santé) est détourné aussi bien dans les ménages qu’au niveau de l’Etat ; le tabac ne diminue pas la faim car 3,8millions d’hectare de terre est utilisée pour la culture du tabac. Or la plupart des pays qui se sont consacrés à cette activité enregistrent des taux élevés de sous alimentation au sein de leur population comme c’est le cas au Malawi.

Au regard du nombre de décès (7 millions par an) causé par ce fléau, sa contribution à l’émergence des maladies non transmissibles, etc., le tabac est une menace pour la santé. Le tabac diminue l’accès à l’éducation parce le temps imparti à la formation intellectuelle des enfants est détourné pour être investi dans le travail dans les champs de tabac. « Enfants travailleurs = manque d’opportunité à poursuivre les études ». Par ailleurs le tabac ne favorise pas l’égalité des sexes ; il dégrade la qualité de l’eau par l’utilisation à outrance entre autres des pesticides qui en passant affaiblissent la fertilité des sols ; il aggrave le changement climatique (déforestation, 600 millions d’arbres sont abattus chaque année pour la culture, le traitement et la construction des granges destinés au traitement des produits du tabac). Sur le plan institutionnel, le tabac corrompt nos institutions à travers la promotion de la corruption ce qui les éloigne des objectifs de promotion de la paix, de justice et des institutions fortes tel que promus par les ODD.

photo de famille togo

Ripostes

D’après Léonce Sessou, Communication Manager l’industrie du tabac est tellement consciente des dangers de son activité qu’elle multiplie des manœuvres pour continuer de garder ses consommateurs et les gouvernements sous la servitude. Ses stratagèmes sont nombreux et subtils pour faire échouer le processus législatif et politique dans les pays. On note entre autres : l’infiltration des milieux gouvernementaux (Niger) ; l’enrôlement des alliés pour retarder et faiblir les politiques qui les défavorisent ; proposition des législations et des règlements taillés à sa mesure (cas du Cameroun) ; exagération de l’importance de son activité sur l’économie (emploi, forte contribution à la taxe) ; manipulation de l’opinion en se faisant passer pour une entreprise citoyenne (Rse) ; utilisation des médias traditionnels et nouveaux médias pour façonner l’opinion ; intimidation des gouvernements avec les litiges et procès ; montage de soutien à travers des groupes de pression.

La menace est réelle mais des solutions existent. « Il faut se référer à la Convention cadre de la lutte antitabac de l’Oms dont il faut renforcer la mise en œuvre », recommande Doewan Mohee. Considéré comme la bible de la lutte antitabac, la Cclat entre en vigueur en 2005, elle a été élaborée suite à la mondialisation de l’épidémie de tabagisme. Ce traite renseigne Saouna Inoussa, président de Sos Tabagisme du Niger comporte 38 articles qui couvrent l’ensemble des aspects de la lutte antitabac. Pour  sa part, l’Acta a mis en place des mesures visant l’éradication du fléau. Parmi ces stratégies, la formation des journalistes. C’est dans ce registre que s’inscrit l’atelier de Lomé au Togo (du 29 au 31 août 2018) dont l’objectif avoué est d’outiller les professionnels des médias afin qu’ils interviennent plus efficacement.

Nadège Christelle BOWA

Lomé au Togo

 

 

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