Convention: L’Unicef et Uba en accord parfait pour la promotion des droits de l’enfant

Le partenariat entre le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance et cette compagnie bancaire a été scellé le 27 septembre dernier à Yaoundé entre Jacques Boyer et Dominique Mahend. Tous deux s’engagent pour un avenir davantage radieux pour les enfants du Cameroun.

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La promotion des droits de l’enfant est une affaire de tous et pas seulement de l’Unicef. United Bank for Africa (UBA) l’a compris et veut s’investir au côté de l’Unicef pour le bien-être des enfants camerounais à travers la promotion de leurs droits. C’est l’objet de la Convention qui réunie depuis le 27 septembre 2018, les deux parties. Le document d’entente a été paraphé Dominique Mahend, Directeur Général de UBA et Jacques Boyer. Pour le Représentant de l’UNICEF au Cameroun, « Chaque fois que j’ai l’opportunité de prendre la parole à l’occasion d’un partenariat pour la promotion des droits des enfants, c’est toujours avec un réel plaisir. Le plaisir est encore plus grand lorsqu’il s’agit d’une entreprise du secteur privé, en l’occurrence une banque, consciente de sa responsabilité sociale vis-à-vis des droits de l’enfant ».

D’une durée de deux ans, ce partenariat permettra de donner plus de visibilité aux questions touchant l’enfance et d’élargir le spectre du plaidoyer en faveur des enfants à travers notamment des actions conjointes de communication et sensibilisation sur les thématiques des droits de l’enfant. Mais à UBA, l’on espère qu’il mettra plus de temps. « C’est un privilège pour nous de signer ce partenariat et nous pensons qu’il va durer des années encore. Nous allons procéder par l’affichage des images et des mots parlants, capables de toucher la sensibilité de la population », a souligné le Dg. Pour davantage marquer son engagement vis-à-vis de la cause des enfants, il a convié les 450 employés de son entreprise à faire une formation sur la thématique du respect et de la promotion des droits de l’enfant.

Une action qui aura également un impact sur la clientèle estimée à plus de 150 000. « Donc si nous communiquons bien là-dessus, vous voyez qu’il y aura un grand nombre de la population qui sera sensibilisé », a-t-il expliqué. Des ces agences seront diffusés des messages de l’UNICEF pour promouvoir les droits des enfants du Cameroun. « Notre grand souhait est de faire évoluer ce partenariat UBA-UNICEF en un modèle de l’engagement du secteur bancaire au Cameroun en faveur des enfants », a noté Jacques Boyer.

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Santé mentale: Une question préoccupante de santé publique négligée

Les problèmes de santé mentale constituent 5 des 10 principales causes d’incapacité. C’est pourtant le parent pauvre de la santé au Cameroun. À peine 1% du budget de la santé alloué à ce secteur. Plein feu sur cette thématique à la faveur des deuxièmes journées camerounaises de santé mentale ouvertes ce mardi à Yaoundé.

Le témoignage de Joel Achille Mbakop fait pleurer. Surtout lorsqu’il raconte sa prise de conscience après une crise en plein marché Mokolo à Yaoundé. « Je me suis retrouvé nu en plein marché. Cela a suscité beaucoup de commentaire allant dans tout les sens  tant dans le public que sur les réseaux sociaux. C’est quand la police a intervenu que j’ai commencé à prendre conscience. Quand j’ai vu les images et les commentaires, c’était horrible! […]je me battais pas avec une personne ». en ce qui la concerne, Julienne Namata, enseignante a commencé à présenter des troubles de comportement après l’enlèvement de son époux par les sécessionnistes dans la localité de Batibo. L’histoire a défrayé la chronique. Certains ont surement ri mais pour elle, découvrir son mari, sous-préfet, homme respectable et respecté sur les réseaux sociaux à moitié nu à été un choc émotionnel difficile à gérer.

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Dr Menguene: « Tout le monde est concerné par les problèmes de santé mentale (mal être) »

Des cas comme celui de Joel Achille Mbakop ou Dame Julienne Namata sont légions.  et peuvent survenir à n’importe quel moment et concerner chacun. Ce n’est pas de la sorcellerie ! Encore moins une malédiction ! « La maladie mentale est comme le diabète, l’hypertension. Comme on a des familles de diabétiques, on a aussi des familles de malades mentaux », renseigne Dr Justine Laure Menguene Mvena, sous directeur de la santé mentale au ministère de la Santé publique. Ce mal clinique pourrait être une conséquence des problèmes de santé mentale qui touchent les Camerounais de tout âge et quelques soit sa condition sociale.

« Quand on parle de problème de santé mentale (mal être) tout le monde est concerné. Si un responsable, un leader ne tient pas compte du bien être de ses employés (stress professionnel, conflit avec les collègues ou hiérarchies, mauvaises conditions de travail, faible rémunération, etc.) la productivité, le développement ne sera pas au Rdv », explique ce médecin en service à l’Hôpital Jamot de Yaoundé. Aussi, « On gagnerait à l’intégrer dans la gestion des hommes si on veut qu’ils nous donnent le meilleur d’eux-mêmes », recommande-t-elle. Différente de la maladie, la santé mentale est « un état de bien être qui permet à l’individu de se réaliser, de faire face aux stress de la vie quotidienne, d’être productif et utile à la communauté. C’est parce qu’un individu est dans un état de bien être qu’il pourra travailler afin de contribuer au développement de la société. Vous comprenez que c’est le bien être qui fait en sorte que l’individu soit utile à la société ». Dr Menguene ajoute également que tout le monde connaît, a déjà connu ou connaîtra les problèmes de santé mentale. Cependant tout le monde ne fera pas la maladie mentale qui est un peu le stade ultime d’un problème de santé mentale.

Beaucoup d’amour

Comme toute autre problématique de santé publique, en santé mentale, les facteurs de risque de morbidité sont nombreux. Ils se recrutent dans le registre socioculturels (mariage précoces, consommation des drogues…) ; économique (chômage, pauvreté, Insatisfaction professionnelle) ; politique (conflits armés, crise sociale) ; environnementale (catastrophe naturelles et technologiques) ; infectieuses et parasitaires. On n’oublie pas les facteurs génétiques et biologiques. Selon des études réalisées à l’hôpital Jamot de Yaoundé, les affections généralement rencontrées sont : bouffées délirantes (21,25%) ; dépressions (20,05%) ; délires chroniques (16,90%) ; troubles anxieux 16,42%) ; épilepsie (11,81 %) ; schizophrénies (5,40%)…
Seulement, alors que 12% des affections parmi les problèmes de santé sont liées à la santé mentale, moins de 1% du budget de la santé publique est accordée à ce secteur. En attendant une meilleure prise en compte de cette thématique dans la santé publique, les spécialistes de cette discipline conseillent des mesures d’hygiène mentale indiquées pour éviter les psychoses (folies), les névroses, les troubles de l’humeur qui touchent près de 800 000 Camerounais selon l’Oms ; les accès maniaques, etc. « Il faut établir ses priorités, il faut communiquer, faire du sport et avoir une bonne alimentation. Et surtout distiller beaucoup d’amour », insiste Dr Menguene. Pris en charge médicalement, Joel essaie de vivre une vie normale. peut-être fera-t-il une autre crise. Si vous passez par là, contactez la police. tandis que de son côté, « je remercie Dr laure qui m’a permis de remonter la pente en me faisant comprendre que malgré tout, on avait encore besoin de moi. mes enfants, mes élèves, la société ».

Objectifs de développement durable: Le programme ambitieux de l’ONU souffle sur sa 3e bougie

Afin de sensibiliser les populations sur leur rôle dans la réalisation des Odd au Cameroun, le système des Nations Unies organise du 21 au 25 septembre en partenariat avec la Marie de Yaoundé 6e des activités placées sous le thème « Agir pour les Odd ».
Au sortir de la visite des stands à l’esplanade de la Mairie de Yaoundé 6e sis à Etoug-Ebe, le samedi 22 septembre 2018, Josiane Betoume, élève, ne peut cacher sa satisfaction. « On m’a parlé de paix, de santé, d’éducation. Je dois éviter les grossesses in-désirées si je veux continuer l’école et lutter contre la pauvreté. On m’a aussi parlé de la santé maternelle. J’ai appris qu’Odd veut dire « Objectifs de développement durable. J’ai beaucoup aimé et je veux la paix dans notre pays ». L’adolescente fait ainsi le point des messages reçus dans le stand du Système des Nations Unies où officient les agences des Nations Unies tels que l’Unfpa, l’Unicef, l’Unesco et le programme des Volontaires des nations Unies, etc. à l’occasion des journées portes ouvertes sur les thématiques des Odd. Elles visent l’appropriation des enjeux par les populations en leur faisant savoir ce qui est mis en œuvre dans le pays en partenariat avec le gouvernement.
image unfpa yde6Par exemple, dans le cadre de la santé de la reproduction, afin de réduire les décès maternel, infantile et néonatal, l’Unfpa adresse les questions de santé maternelle à travers la formation des sages-femmes et maïeuticiens pour offrir un service de qualité à toute femme sur le point de donner la vie. Pourtant, par ignorance, chaque année plus de 20 000 femmes continuent de souffrir des fistules obstétricales dues aux complications lors de l’accouchement. Pour leur part, les adolescents qui ont des besoins spécifiques en matière de santé de la reproduction sont aussi cadrés dans leur sexualité pour éviter les comportements déviants ; la planification familiale n’est pas en reste… Une fois né, l’enfant a besoin d’une alimentation saine, d’éducation, de santé, etc. Ces questions et bien d’autres en relation avec le bien-être des enfants sont prises en charge par l’Unicef. Ainsi, chaque agence de l’ONU traite une question spécifique qui fait un tout rassemblé dans les Odd.
Adoptés le 25 septembre 2018 à l’unanimité par les 193 Etats membres des Nations Unies, le programme audacieux pour éradiquer la pauvreté d’ici 2030 et poursuivre un avenir durable intitulé : « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » a 3 ans ce mardi 25 septembre. Au nombre de 17, les Odd implémentés partout dans le monde et au Cameroun en particulier sont axés sur trois éléments interdépendants du développement durable que sont : la croissance économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Ce programme requiert la participation des populations. D’où l’idée de rapprocher le concept de celles-ci à l’occasion de la semaine de célébration. Cette journée a été précédée le vendredi 21 septembre par une caravane mobile de sensibilisation des populations de Yaoundé 6e sur les Odd.

Cameroun: Les populations de Yaoundé 6e sensibilisées sur les ODD

Une centaine de jeunes de l’arrondissement de Yaoundé 6e parcourent les rues de leur cité depuis ce matin pour faire connaitre les Objectifs de développement durables aux membres de leur communauté et le rôle que ces derniers peuvent jouer dans la réalisation des ODD au Cameroun.

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OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD): ON EST TOUS CONCERNE

La pluie qui s’est abattue ce matin dans la ville Yaoundé n’a en rien émoussé l’engouement des jeunes de l’arrondissement de Yaoundé 6e. On dirait même que la fraîcheur apportée par les eaux du ciel les galvanise davantage dans la mission qu’ils se sont assignés à la veille de la célébration du 3e anniversaire de l’adoption des Objectifs de Développement durable (ODD). Fabrice Joseph Nwack, fait partie de l’équipe conduite par Yvette Kenfack, promotrice de l’Association pour la promotion de l’alphabétisation et le développement social basé à Yaoundé 6. Ils ont rejoint le Programme des Nations Unies pour le développement qui en partenariat avec la Mairie de Yaoundé 6e, organise du 21 au 25 septembre 2018 au Cameroun, les festivités marquant le 3e anniversaire des ODD.

Pour ce vendredi 21 septembre 2018, ces jeunes participent à la caravane de sensibilisation des populations de Yaoundé 6e sur les Odd « afin qu’elles sachent qu’elles en sont aussi parties prenantes », explique la chef de cette équipe affectée sur le trajet de carrefour Meec- Mairie Yaoundé en passant par les ancien et nouveau marchés de Melen. Cependant, « on va faire un petit au Lycée d’Etoug Ebe où, on va inviter les élèves à la journée portes ouvertes qui aura lieu demain de 9h à 16h à la mairie de Yaoundé 6e. Notre objectif aujourd’hui est d’inviter autant que possible les populations de Yaoundé 6e de sensibiliser ceux qui ne savent pas encore que les Odd existent, de leur montrer comment ils peuvent aussi mettre les Odd en application dans leur famille et dans leur communauté ».

Pendant la caravane les jeunes sensibilisateurs invitent les populations à acquérir des informations à partir de leur Smartphone via l’application « SDD in actions ». Le processus est très simple à partir de Play store. « Vous appuyez SDD in Actions, le logiciel arrive, vous validez. Cela va vous prendre quelques minutes pour s’installer. Dès que c’est là, ça vous demande d’ouvrir. Vous y avez toutes les informations sur les ODD ». Adoptés le 25 septembre 2015 par les 193 Etats membres des Nations Unies, les 17 ODD sont axés sur trois éléments interdépendants du développement durable que sont : la croissance économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. La journée de samedi permettra à toutes les agences des Nations Unies présentes au Cameroun et à bien d’autres acteurs de dévoiler au public ce qui est fait.

 

Rentrée scolaire et académique: Le casse-tête des familles nombreuses au Cameroun

 Alors que leurs camarades enregistrent déjà des semaines de cours intensifs et pensent pour certains déjà à la première séquence, beaucoup d’élèves sont encore à la maison. Faute de ressources, certains parmi eux seront contraints d’arrêter pour céder la place aux cadets, aux garçons, etc. Les parents confrontés au difficile choix de privilégier l’un ou l’autre de leur progéniture parce que leur nombre sont au dessus de leur revenu. Résultats, déperditions scolaires et les conséquences qui en découlent.

Agée d’une quinzaine d’années, Belvira est l’aînée d’une fratrie de six enfants. Pour la troisième année consécutive, l’adolescente vient de rater le Bepc et risque selon ses dires de ne plus retourner à l’école pour cette année scolaire 2018-2019. Pendant toutes les vacances scolaires pourtant, elle a vendu des sandwiches de pain et de peau de bœuf afin de pouvoir rassembler de l’argent nécessaire au paiement de sa scolarité. Mais semble-t-il, il y a en pas suffisamment pour tous. Et il faut faire un choix. « Ah ! Elle connaît déjà même écrire son nom », commente Odile, sa maman presque sentencieuse. C’est d’ailleurs quasiment sur cette ménagère que repose les charges du foyer. « L’homme te donne quoi ? Le jour où tu as la chance, il te lance même 1000 Fcfa pour la ration, hum ! Et c’est sur lui que tu vas compter pour payer l’école ? », interroge Odile, un sourire forcé.

Dès lors, pour subvenir aux charges de la maisonnée, la dame se fait aider aussi bien par Belvira que sa petite sœur. Au quartier, beaucoup attribue les fréquents échecs scolaires de la jeune fille à la surcharge de travail qu’occasionne le petit commerce qu’elle est obligée d’exercer afin de contribuer financièrement aux charges de la famille. Car, clairement, ici, les revenus ne permettent pas de vivre convenablement. Aujourd’hui, l’avenir de l’adolescente est fortement compromis. Près de 3 semaines après la rentrée scolaire, elle n’a toujours pas repris le chemin de l’école.

Stress permanent

Cadre dans une entreprise de la place, Yvan est père de quatre enfants dont deux issus de relations de sa jeunesse. Son statut social devrait le mettre à l’abri des soucis liés à la rentrée scolaire. Mais, il n’en est rien à en croire son épouse. « On n’a même pas encore fini la pension des enfants que l’école exige pour éviter les non paiements que les responsables enregistrent au fil des ans », explique Gaëlle Kamga. La raison, en dehors de ses enfants, son époux doit s’occuper des enfants de cousins, de tantes et d’oncles qui ne peuvent pas le faire à cause d’un nombre élevé d’enfants à charge et des revenus peu adaptés à leur situation. Ces derniers, à la rentrée scolaire se déchargent sur lui pour les manuels scolaires, les frais de scolarité.

Il est très souvent aussi solliciter pour régler les problèmes de santé, des obsèques, etc. Pour ne pas être taxé par les membres de cette famille élargie de « riche chiche » et subir de ce fait, leurs foudres, Yvan est contraint de contribuer parfois au péril de la sécurité financière de sa famille nucléaire.  Des cas similaires à celui de Belvira ou d’Yvan sont légions dans notre pays. Et les conséquences visibles et connues (voir interview). Pour les parents, le stress est énorme. Dans les banques, beaucoup ont pris des crédits scolaires qu’il faudra rembourser en faisant des sacrifices proportionnels au nombre d’enfants à charge. Des sacrifices d’autant plus douloureux que le salaire ne varie pas sur la base du nombre d’enfants. Pour certains la violence va se poursuivre avec la rentrée académique dans les universités annoncé en octobre prochain. Et là aussi, beaucoup d’enfants pourtant brillants risquent de suspendre leur cursus. En dépit de ce tableau sombre, des solutions existent pour s’éviter des soucis et des accidents cardio-vasculaires liés au stress permanent.

Nadège Christelle BOWA

INTERVIEW

Youssouf Ouedraogo

« La planification familiale est un gage d’une meilleure éducation des enfants » 

youssouf UnfpaEt si la planification familiale était la solution ? L’éclairage du sociologue Youssouf Ouedraogo, Coordonnateur du Programme d’appui à la planification à l’Unfpa. Le spécialiste des systèmes de santé déploie au-delà des évidences économiques avantageuses de la planification familiale, les autres privilèges qui se recrutent jusque dans l’harmonie du couple. A l’Unfpa, ses responsabilités incluent l’appui au gouvernement du Cameroun et autres partenaires dans le domaine de la PF.

Au Cameroun, les élèves ont repris le chemin de l’école le lundi 3 septembre dernier. Mais dans plusieurs familles, de nombreux enfants ne vont pas aller à l’école à cause du manque de moyens. Selon vous, seule la pauvreté peut-elle empêcher l’éducation des enfants ?

La question est beaucoup plus profonde voire complexe quand vous prenez la définition du mot « éducation » dans le milieu traditionnel, dans un contexte moderne, nationale ou dans une perspective de la mondialisation. L’éducation est le paquet de connaissances qui permet aux enfants, aux individus de se socialiser, de s’intégrer et de contribuer à l’avenir de la famille, de la société. Au niveau de notre société traditionnelle, l’éducation se faisait en dehors de tout ce que nous avons aujourd’hui. Mais le monde a changé, le système d’éducation se trouve maintenant dans une phase de transition où on est à cheval entre la socialisation de l’enfant dans la culture d’origine, l’intégration de l’enfant dans la culture et le contexte national et aussi l’éducation et l’intégration de l’enfant dans ce monde global auquel nous appartenons. Donc le contenu de l’éducation devient plus complexe. Il a plusieurs composantes qui font que y satisfaire nécessite forcément des moyens qui dans la société traditionnelle n’existait pas. Donc vous devez les inscrire dans une école, payer les frais de scolarité ; assurer certaines charges comme le goûter, le transport et lorsqu’ils doivent passer d’un niveau à l’autre, les coûts augmentent. Du coup, on se rend compte que ce type d’éducation entendu pour que l’enfant soit une contribution pour la famille, la société ou le monde vient avec un coût.

Si je comprends bien, vous dites que dans notre contexte, il est difficile voire quasiment impossible d’éduquer ses enfants en vue de le rendre utile quand on est pauvre ?

Je ne voudrais pas être aussi péremptoire. Parce que quand vous dites pauvre, ce n’est pas pour autant que vous ne pouvez pas donner une éducation à un enfant. Mais la définition de l’éducation, celle que nous approchons, qui correspond à notre mode de vie actuel. Ce serait un abus de dire que je suis pauvre, je ne peux éduquer mon enfant. L’aspect économique intervient dans le choix de société que nous avons. Nous faisons parti de cette société mondiale et nous avons souscris à ce mode d’éducation moderne et ceci rend difficile l’adaptation et la réconciliation entre le manque de moyen et l’attribution du paquet de connaissances du savoir faire nécessaire pour être en parfaite harmonie avec notre environnement.

L’éducation vous l’avez relevé est assez globale. Mais peut-on dire que la réussite des enfants est une affaire de chance ?

Non ! Vous êtes d’accord avec moi que vous ne pouvez pas aller au Baccalauréat la tête vide et dire que vous comptez sur la chance. Le hasard se définit comme la rencontre de séries causales indépendantes. Donc quelle est la probabilité de réussir si vous abandonnez votre éducation ? Il ya un besoin d’engagement proactif qui tienne compte aussi des critères et des conditions sociales environnantes pour que l’éducation soit. Bien sûr comme je l’ai mentionné tantôt, lorsque vous n’avez pas les moyens, vous ne pouvez pas faciliter justement l’intégration de vos enfants dans ce contexte sociétal national et mondial.

On va comprendre qu’il ne sert à rien par exemple d’avoir six enfants lorsqu’on ne peut pas assurer leur éducation et investir pour leur réussite scolaire.

Il faut admettre que si vous avez six enfants, vous devez à la rentrée scolaire être à mesure de les mettre dans de très bonnes conditions pour qu’ils puissent être productifs, suivre et acquérir des connaissances (scolarité, transport, repas, santé…) Par ailleurs, il faut que vous puissiez être présent à l’école. S’ils ne sont pas au même niveau, vous devez avoir suffisamment de temps pour le suivi des enfants avec les enseignants ; vous devez assurer leur santé, etc. Beaucoup d’enfants demandent beaucoup d’investissements. Au regard des revenus moyens, on se rend compte que les revenus de la majorité des familles ne leur permettent pas d’assurer un suivi effectif des enfants selon les normes établies.

D’où probablement l’intérêt pour les familles de planifier les naissances que les autorités camerounaises accompagnées par des institutions comme l’UNFPA promeuvent depuis quelques années ?

En 1994, avec la conférence sur la population, il y a eu une prise de conscience et une interpellation justement sur l’importance de la planification familiale. A l’heure actuelle, pratiquement tous les pays du monde reconnu que la planification familiale est un droit humain au regard de tout ce qu’elle a comme bienfaits que ce soit sur le plan de la santé, de l’économie, social…Et partant, le Cameroun et d’autres pays a souscrit à cela. L’Unfpa accompagne les pays justement pour leur choix en leur apportant l’appui nécessaire pour que la planification familiale soit accessible à toute personne qui en a besoin. Pour ce qui est de l’intérêt pour la famille de planifier, vous avez déjà identifié un des éléments liés à l’actualité à savoir la rentrée scolaire. Beaucoup de parents ont des difficultés pour caser leurs enfants dans les écoles. Même à Yaoundé, on a remarqué que la criminalité augmente avec la rentrée scolaire. Il y a beaucoup plus d’agressions, etc. Cette insécurité peut trouver un lien direct avec justement le souci d’avoir des ressources pour faire face à cette nécessité.

Egalement, on peut voir qu’au-delà de l’aspect évident économique, il faut aussi surtout mentionner le volet santé. La planification familiale permet aux femmes d’être autonomes. On n’a pas encore une bonne chaine sociétale avec une forte implication des hommes, donc toute la charge retombe sur la femme ce qui la rend un plus défavorisée que la gent masculine. Les femmes qui se retrouvent à avoir des grossesses annuelles, fragilisent leur utérus avec justement le risque de rupture utérine pendant l’accouchement. Ce qui contribue fortement à la mortalité maternelle. Pour la santé de la femme, il y a nécessité d’espacer les naissances afin que l’utérus se repose avant la prochaine grossesse. Il y a aussi ce volet de lien et de relation entre parents et enfants. Lorsque vous vous retrouvez avec plusieurs enfants à la suite, vous n’arrivez plus à donner à chaque enfant, le contenu affectif chronologique nécessaire pour sa croissance harmonieuse. En termes d’harmonie du couple, lorsque les problèmes de finances et autres s’incrustent dans la gestion de la famille. Ce n’est pas toujours évident que le couple puisse discuter de ces aspects financiers et ça crée justement des troubles, des dissensions liées aux défis rencontrés. Il faut dire qu’il y a beaucoup de bienfaits non seulement pour la femme, pour le mari qui peut aussi se retrouver dans une condition d’harmonie et de bien être. La planification familiale contribue aussi à la santé mentale et à la sensation quotidienne de bonheur aussi bien des hommes que des femmes. De ne pas avoir à gérer les grossesses non désirées ou des naissances non planifiées qui exposent certains membres à la dépression. Il y a aussi le bien être des enfants comme je l’ai mentionné, où des individus courent le risque d’entretenir des relations non épanouies, une relation pas harmonieuse avec leurs enfants si les naissances ne sont planifiées.

Dans nos sociétés notamment Bantou, avoir un nombre élevé d’enfants est un signe de richesse. Du coup, dans l’imaginaire populaire, quand on parle de planification familiale, certains y voient tout de suite l’obligation de limiter le nombre d’enfants qu’on voudrait avoir. Quel est l’avis de l’expert sur cette question ?

Dans les conceptions sociales, il y a toujours une fonctionnalité qui vient avec. Ce que vous venez de dire, correspond à une compréhension de la société Bantou qui correspondait à la société de l’époque. Pour mon cas, ma grand-mère avait 6 enfants mais le seul qui a survécu est mon père. Cela veut dire que si ma grand-mère n’avait qu’un enfant, elle se serait peut-être retrouvée sans enfant. Et pour une femme, c’est se retrouver sans accompagnement, sans support, etc. Dans les sociétés traditionnelles anciennes, la santé posait un énorme problème. En cas d’épidémie, les enfants mourraient. Il n’y avait pas la vaccination, donc il y avait des risques de mortalités élevés. Aussi, les naissances avaient justement cette fonctionnalité et les enfants se faisaient à l’aveuglette. Mais le concept n’est pas nouveau car dans la société traditionnelle, quand la femme accouchait elle partait un an ou deux dans sa famille. L’autre élément est que l’organisation sociale correspondait à une époque précise et la perspective correspondait justement à une perspective de projet de société défini. Dans une évolution sociale, vous vous retrouvez toujours avec des pratiques sociales qui sont dépassées, qui ne remplissent plus leur fonction d’antan mais qui parfois sont toujours maintenues dans un nouveau contexte. Mais qui en fait n’est plus approprié pour le maintien de cette fonction sociale. Le manque d’information et de communication et d’éducation sur la planification familiale explique la pérennité de ces rumeurs. Si le public a toutes les informations, il est certain que les gens feront des choix éclairés pour ce qui est de la fréquence des accouchements et du nombre d’enfants.

Vous soutenez donc que la planification familiale offre l’opportunité d’une meilleure éducation des enfants ?

Oui ! La planification familiale est un gage d’une meilleure éducation des enfants. Elle offre bien sûr tous les avantages. Ce que beaucoup ne savent pas est que les services de planification familiale luttent aussi contre la stérilité. Pour ces femmes qui n’arrivent pas pour une raison ou une autre à avoir des enfants, les services de planification familiale intègre l’accompagnement et l’assistance pour qu’elles puissent procréer. Mais ce n’est pas qu’une question de santé. Il y a tout un volet économique. Vous avez entendu parler du dividende démographique où le Minepat est très engagé. C’est tout un autre volet qui inclut la planification familiale qui a un rôle à jouer pour l’accomplissement du dividende démographique. Lequel consiste à faire en sorte que le nombre de personnes qui travaillent soit plus grand que la population qui ne travaille pas. C’est une thématique en définitive multisectorielle qui interpelle tout le monde (administrations, parents, etc.).

Réalisée par

Nadège Christelle BOWA

Crise anglophone: L’Unicef-Cameroun appelle à la protection des enfants du NoSo

jacques boyer photo1Au Cameroun, les classes ont repris le lundi 03 septembre 2018 selon le calendrier préétabli par les autorités en charge de l’éducation dans ce pays. Selon les statistiques officielles, ce sont plus de cinq millions d’enfants qui ont de ce fait retrouvé les bancs de l’école après une période de repos bien mérité. « … Mais un grand nombre n’a pu accéder aux établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest suite à de multiples menaces et incidents », déplore Jacques Boyer, Représentant du Fonds des nations Unies pour l’Enfance (Unicef), dans une déclaration parvenue à notre rédaction hier jeudi 6 septembre 2018. Le fonctionnaire des Nations Unies observe pour le décrier, que dans les deux régions suscitées : « Les écoles y sont devenues le théâtre de violences contre les élèves, le personnel enseignant et administratif. Ces exactions contribuent à créer un climat de peur empêchant les enfants de jouir pleinement de leur droit à l’éducation ».
L’Unicef condamne tout acte de violence, enlèvement, intimidation et agressions contre des écoles, et rappelle que les écoles et leurs élèves doivent toujours être protégés. Pour le responsable de l’agence en charge des enfants dans le système des Nations Unies, tous les enfants du Nord-Ouest et Sud-Ouest, à l’instar des autres enfants du Cameroun, doivent impérativement retrouver, en toute quiétude, le chemin de l’école. Raison pour laquelle, l’Unicef en appelle à la protection des droits de tous les enfants.

Santé de l’enfant: Comment le tabagisme affecte les habitudes d’allaitement

L’exposition à la « fumée secondaire » raccourcit la durée d’allaitement. Ainsi, les jeunes mères exposées à la maison cessent d’allaiter plus tôt. Les auteurs suggèrent que cette exposition pourrait également réduire la quantité de lait maternel.

« Le simple fait d’être dans un foyer fumeur, que le fumeur soit le mari, la mère ou un autre membre de la famille réduit le temps consacré par la jeune mère à l’allaitement maternel. Et « plus il y a de fumeurs à la maison, plus la durée de l’allaitement est courte », commente Marie Tarrant, directrice de l’École des sciences infirmières, experte en santé maternelle et infantile et par ailleurs auteur principal de cette étude réalisée à Hong Kong par l’Université de Colombie-Britannique sur plus de 1200 femmes dans quatre grands hôpitaux. C’est l’une des premières études à examiner l’effet du tabagisme des membres de la famille sur la durée de l’allaitement maternel.
L’analyse des données montre que : plus d’un tiers des participantes avaient des partenaires ou d’autres membres de leur foyer qui fumaient ; les enfants de pères qui fument sont significativement moins susceptibles de bénéficier de l’allaitement maternel ; l’exposition au tabagisme passif au foyer exerce également un effet négatif important sur les pratiques d’allaitement, et en particulier la durée d’allaitement qui s’en trouve raccourcie. Selon les auteurs, cette exposition pourrait également réduire la quantité de lait maternel. De même que, « la nicotine est transmise via le lait maternel à l’enfant et que l’enfant subit aussi et directement, cette exposition environnementale à la fumée secondaire », affirme Marie Tarrant.

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LE PETIT GESTE CONSTANT ET SUR LA DUREE POUR SAUVER BEBE, Photo UNICEF

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Toujours d’après les résultats de cette étude l’Université de Colombie-Britannique, avoir un partenaire fumeur peut également affecter la décision de la mère d’arrêter l’allaitement maternel. Faisant ainsi perdre au nourrisson les avantages du lait maternel. Selon l’Oms, l’allaitement fournit la meilleure nutrition pour une croissance et un développement optimal. Raison pour laquelle, l’Organisation mondiale de la santé recommande 6 mois d’allaitement exclusif avec allaitement continu jusqu’à deux ans et plus. « Nous savons que les effets de la fumée de tabac ambiante sur les jeunes bébés sont très préjudiciables. Cependant, si une mère allaite, les avantages de l’allaitement au sein l’emportent sur les effets négatifs du tabagisme, à condition de veiller, bien sûr, à ne jamais exposer le bébé à la fumée du tabac », souligne l’étude. Toutefois dans sa conclusion, elle recommande aux femmes et à leurs familles l’arrêt total du tabac avant même la conception. Aux mamans qui choisissent de continuer de fumer, l’étude recommande d’attendre d’avoir fini d’allaiter.
Faut-il le rappeler, le tabac est une menace pour la santé. C’est l’un de produits de consommation qui tue la moitié de ces consommateurs chaque année. D’où l’urgence d’y mettre un terme à travers la mise en œuvre totale des dispositions de la Convention Cadre de la lutte antitabac de l’Oms. L’Afrique est d’autant plus interpellée que d’après l’Alliance pour le contrôle du Tabac en Afrique, les pays du continent sont devenus le « nouvel eldorado » de l’industrie du tabac qui en l’absence de cadres réglementaires, y sévit quasiment en toute impunité. Menaçant par ce commerce, les trois piliers du développement durable que sont : le développement économique ; l’inclusion sociale et la durabilité économique.